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La peinture de Mireille Printemps s'accorde avec ce que son nom suggère de légèreté diffuse. La mer, la musique, les voyages alimentent la part de rêve propice à son inspiration. Couleurs claires et glacis s'imposent dans sa manière très aérienne de flirter avec le sujet.

Soucieuse d'ouverture sur l'espace, la peinture de Mireille Printemps accorde une certaine importance au vide et au besoin d'évasion qu'il illustre et suggère. Des horizons diffus prolongeant une atmosphère flottante contribuent à créer l'onirisme qu'affectionne son tempérament. Ainsi ne voit-on jamais les pieds de ses personnages féminins qu'entoure, le plus souvent, un imposant désert de sable (série des porteuses d'eau). Adepte des glacis qui donnent à sa peinture une transparence particulière, elle semble éternellement en quête de solitude, trouvant dans la musique un soutien très précieux. Chopin est le compositeur auquel elle aime se référer. En dehors de la peinture sur toile ou sur panneau de bois, Mireille avoue son attirance pour l'encre et le lavis, sans doute parce qu'ils correspondent à son besoin de légèreté.

Elle fait également référence à la poésie, dans laquelle elle vient puiser comme à une source vivifiante. Un vers, un rythme, une rime et le ton est donné, une image tout à coup prend corps : un bateau, un envol de mouettes, une lointaine île au trésor, ou l'esquisse d'une nature morte prennent naissance sur la toile blanche. Il y a, chez cette âme nostalgique, un besoin de se confronter aux forces de la nature dont elle aime les aspects tranchés, d'où son peu d'attirance pour les demi-saisons. Mireille Printemps caresse les ocres autant qu'elle peut affectionner les bleus. En ce moment, c'est à la mer qu'elle pense presque continuellement. Ses murmures et ses soubresauts l'attirent, car ils s'accordent au flux d'une pensée vagabonde et libre.

N'est-ce pas un reflet d'elle-même que son pinceau cherche à saisir à travers le chemin des eaux ?

Luis PORQUET, critique d'art



Lorsqu'elle s'adonne au figuratif, PRINTEMPS est une artiste de l'étrange, particulièrement lorsque ses peintures marines quasi-monochromes, s'attachent à la sérénité de mystérieux navires, aux mâts démesurés et aux reflets inquiétants dans une atmosphère pourtant fascinante.

Même lorsqu'elle s'engage dans un réalisme plus pittoresque, ses personnages, les sites, les bâtisses n'en représentent pas moins une présence assez menaçante malgré le beau travail en nuance du sol et du ciel.

Une belle peinture, donc, qui fait réagir et provoque le plus souvent une réflexion dépassant la représentation formelle des espaces, des sites, des rites et des pays concernés par le travail attentif de l'artiste.

Mais, de ce fait, PRINTEMPS réussit parfaitement une tendance plus dynamique et plus informelle de sa pensée créatrice: elle transmet le jeu subtil d'un élan musical aux jolies couleurs nacrées, aux volutes expressives dont le charme s'accommode d'un geste aussi élégant qu'hardi, mais toujours profondément marqué par la personnalité de l'artiste, ambigüe quant à la technique, mais ambitieuse et convaincante par la conception et l'interprétation.

André RUELLAN, critique d'art

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